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Matthieu Le Tixerant est le dirigeant de Terra Maris depuis 2006, je l’ai rencontré pour qu’il me parle de son activité et de son parcours d'entrepreneur.

 

Son activité

L’activité de Terra Maris consiste à décrire l’usage des espaces marins dans l’objectif d’aider à leur gestion. L’espace marin est le lieu de nombreuses activités : transport de marchandises, pêche professionnelle, installation d'infrastructures d’énergies marines renouvelables, transport de personnes, plaisance, etc... Il faut donc pouvoir planifier ces activités pour éviter les conflits d’usage tout en préservant les ressources marines.

Pour décrire ces usages, Terra Maris utilise des méthodes et outils en géomatique / cartographie pour représenter ces activités dans l’espace et dans le temps.

 

Un exemple illustrant le trafic de navires en Manche : en traitant les informations de géolocalisation fournies par les navires, TerraMaris est en mesure de fournir une cartographie des principales routes de navigation

Mise en évidence d'un réseau spatialisé hiérarchique des routes du trafic maritime en Manche

Plus d'exemples sur le réseau maritime de la Manche

 

Les clients sont variés : Terra Maris travaille beaucoup pour des clients publics qui lui commandent des études (direction de pêches, Agence Française pour la Biodiversité, SHOM, Région, Départements, Parcs naturels marins). Terra Maris continue aussi à travailler avec le monde de la recherche en participant à des projets où collaborent chercheurs et entreprises. L’objectif actuel est le développement d’une clientèle privée, par exemple des opérateurs industriels qui ont besoin d’étude sur l’impact de l’exploitation de ressources marines (extraction de sable, énergies marines, …).

 

Son parcours et ses aspirations

Quand il était plus jeune, Matthieu était attiré par les domaines liés à la mer, aux animaux et aux problématiques environnementales, notamment la lutte contre la désertification, enjeu important au Maroc, où il a grandi. C’est au fil de son parcours et des opportunités qu’il s’est tourné spécialisé dans le domaine maritime. Après le bac il a intégré un IUT et a poursuivi des études à l’université. Il est ensuite parti 2 ans au Canada pour effectuer son service civil (obligatoire à l’époque), ce qui lui a apporté une première expérience professionnelle de deux ans et surtout beaucoup de maturité. Il a alors compris l’importance de suivre des études pour son parcours et, de retour en France, il a intégré un master à Brest puis a poursuivi en thèse dans un laboratoire de recherche. Pendant sa thèse est née l’idée de lancer son activité.

 

Ses débuts, ses motivations

Plusieurs raisons ont poussé Matthieu à devenir entrepreneur. Tout d’abord, il est attaché à son indépendance, et le fait d’avoir son entreprise lui apporte une grande liberté : il travaille sur un thème qui le passionne, qui lui permet de voyager et de s’organiser comme il souhaite. Plus que l’argument financier, il a voulu se créer un environnement de travail et un cadre de vie qui lui correspondent. Il évoque aussi l’excitation de mettre en place sa propre activité, le challenge de pouvoir en vivre et l’opportunité d’employer quelques personnes.

 

Les obstacles, la motivation

Il a fallu environ un an à Matthieu pour concrétiser son projet, et il ne se souvient pas avoir rencontré d’obstacles particuliers. Il a surtout le sentiment d’avoir été accompagné tout le long de la création de son entreprise : par son laboratoire de recherche, qui l’a encouragé, puis par le technopôle Brest Iroise et par une série de dispositifs d’aide aux entrepreneurs (financement pour une étude de marché, bourse jeune créateur, accès à des locaux avec des tarifs peu élevés à la faculté ou en pépinière.

 

Y a-t-il un âge idéal pour se lancer ? Faut-il le faire seul ?

Il n’y a pas d’âge pour Matthieu, que l’on ait 16 ans ou beaucoup plus, on peut se lancer. L’important est de s’assurer que le projet ait un avenir et, pour le savoir, il faut passer par l’étude de marché. Se lancer seul dans l’aventure d’entrepreneur ne doit pas être un obstacle, d’autant que la création d’entreprise fait naître de nombreuses collaborations et au final on ne travaille jamais véritablement seul.

 

Ses conseils aux futurs entrepreneurs

Avec du recul, Matthieu pense qu’il aurait dû travailler davantage sa stratégie d’accès au marché. Il est important, avant de lancer son activité, de réaliser une étude de marché: ai-je des clients potentiels ? Mon produit se commercialisera-t-il ? Qui sera prêt à payer pour ce produit ? Existe-t-il déjà des entreprises sur le même créneau ? Pour cela, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner par des organismes m’a-t-il confié (Technopole Brest Iroise, Cabinet d’étude marketing).

 

Doit-on être bon à l’école pour réussir sa vie professionnelle ? Les formations en France préparent-elles bien à l’entreprenariat ?

La réussite scolaire n’est pas forcément un critère de réussite d’après Matthieu, il ne se considère pas lui-même comme ayant été un très bon élève. L’important est de trouver un domaine sur lequel on aime travailler, dans lequel on veuille s’impliquer et mettre de l’énergie.

 

La question de la formation est une question compliquée à aborder mais pour parler de son parcours universitaire, Matthieu regrette de ne pas avoir été davantage sensibilisé et formé à l'entrepreneuriat. Il estime que cela devrait davantage être inclus dans les formations. Il faudrait aussi intégrer plus de pratique pour susciter de l’intérêt chez les élèves, mais tout en conservant une base théorique. Elle reste essentielle dans l’apprentissage car c’est ce qui permet d’avoir une pratique intelligente et un regard critique.

 

Ses projets d’avenirs proche, ses rêves ?

Dans un avenir proche, Matthieu souhaite continuer à développer son activité. Il réfléchit à d’autres services, toujours en lien avec le domaine de compétence de TerraMaris, mais dans d’autres domaines. Il a déjà des projets en lien avec l’agroécologie où des drones sont utilisés pour obtenir des informations sur la nature des sols, les pentes, l’écoulement des eaux, etc.). Il est aussi sensible aux problématiques de désertification qu’il n’exclut pas un jour d’aborder. Et pourquoi ne pas rêver à lancer une activité au Maroc ?

 

Les collaborations, la fusion, le rachat, des pistes envisageables ?

Matthieu s’attache beaucoup à créer un réseau de partenaires, par exemple pour travailler avec d’autres bureaux d’études ayant des compétences complémentaires, et répondre ensemble à des projets communs. Dans son cas, la question de la fusion ou du rachat n’a jamais été évoquée, mais il n’est pas fermé à cette éventualité du moment que les projets des entreprises restent communs et cohérents, et que cela reste bénéfique pour l’avenir de son activité et de ses collaborateurs.

 

Quel est l’avenir du spatial dans le monde professionnel ?

Pour Matthieu, l’utilisation de données géolocalisées est devenu incontournable : les approches spatiales et cartographique apportent une vision globale et synthétique, très utile pour proposer une gestion intégrée des espaces marins ou terrestres. Les décideurs se baseront de plus en plus sur ces données et outils.

Quant à l’imagerie satellitaire, elle apporte toute une série de données et d’informations essentielles. Pour Matthieu, elle est amenée à se développer, se démocratiser. Pour le moment, Matthieu utilise surtout des données de mobilité (GPS, AIS) qui fournissent beaucoup d’information sur les usages maritimes. Il s’intéresse aussi aux données d’imagerie comme nouvelle source d’information dans son métier.

 

 

Pour plus d’informations sur les méthodes, consultez l'article How can Automatic Identification System (AIS) data be used for maritime spatial planning? sur ScienceDirect ou en libre accès

 

19 juin 2018 - Maxime Caffin - BreTel

 

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Oui, on peut piloter d'ambitieux projets pour l'Agence spatiale européenne depuis... Plougonvelin, à la pointe du Finistère. C'est ce que prouve la jeune pousse Along-Track, pilotée par Nicolas Bercher et Pierre Fabry. Une société appelée à vite et bien grandir.

Que fait concrètement Along-Track ?
On fait de la télédétection, c'est-à-dire l'observation de la planète par les satellites, et plus précisément par les données d'altimétrie et radar. Nos principaux domaines d'application sont d'abord dans l'hydrologie spatiale, qui permet de cartographier la surface en eau de la terre et mesurer la hauteur d'eau des lacs et rivières, pour observer leur évolution dans le temps. Et on s'intéresse également aux glaces des mers, car on sait mesurer leur hauteur émergée et donc suivre la fonte des glaces. C'est intéressant pour le suivi du climat de la planète, mais aussi pour les voies maritimes, sur le Pôle Sud, pour lequel il y aura de plus en plus de demandes.

Vous vendez quoi et à qui ?
On ne vend pas des mesures brutes, mais des applications, des solutions algorithmiques qui permettent d'améliorer la chaîne de traitement des données satellitaires. Nos clients sont, pour l'instant, l'Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d'études spatiales (CNES).

Comment voyez-vous votre entreprise d'ici trois à cinq ans ?
Jusqu'à présent, on était en phase de décollage. Là, on vient de franchir un premier pallier, avec l'embauche d'une assistante de direction et d'un nouvel ingénieur. Nous sommes quatre aujourd'hui et on va continuer de grandir pour monter sans doute à 10 ou 15 personnes. On n'a pas l'ambition de devenir une grosse boîte : on veut rester à taille humaine, pour garder une forme d'agilité, d'efficacité. Et, à très court terme, on devrait déménager, sans doute au Technopôle de Plouzané. On est déjà à l'étroit ici et c'est intéressant d'être au cœur de l'écosystème numérique et spatial.

 

Pierre Fabry, article original publié par le Télégramme

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Les méthodes de mesures actuelles des courants marins de surface sont coûteuses, difficiles à mettre en œuvre et limitées dans leur récolte d’informations. La solution proposée par la start-up eOdyn, basée sur une analyse algorithmique des données du trafic maritime, crée une réelle rupture technologique. Très abordable et plus efficace, elle permet d’observer en temps réel et différé les courants marins sur toute la surface du globe. À partir de cette technologie, eOdyn développe de nombreux services à destination des acteurs du transport maritime, de l’offshore pétrolier, du sauvetage en mer et de la recherche sur l’évolution du climat. Incubée à IMT Atlantique, la start-up a pour clients ou partenaires CMA CGM, Airbus Defence and Space, l’Agence spatiale européenne et Ifremer.

Pour mesurer les courants marins en haute mer, deux solutions sont principalement utilisées. La première consiste à lancer à la mer des bouées dérivantes munies de GPS et à suivre leur déplacement. Une technique historique, toujours efficace, mais coûteuse et difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite notamment d’ensemencer l’océan de façon homogène, et de changer régulièrement les batteries de ces capteurs à la dérive. La deuxième méthode consiste à mesurer les courants marins grâce aux 6 satellites altimétriques actuellement en orbite autour de la Terre. Au mieux, lorsque les six satellites se trouvent au-dessus des océans, et non au-dessus des continents, ils permettent d’obtenir à un moment donné six mesures du niveau de la surface de l’eau, dont on peut déduire la présence et le sens des courants. Une technique qui requiert également des moyens économiques considérables, comme l’atteste le coût de 1,2 milliard d’euros du projet de développement, de lancement et de fonctionnement sur trois ans du prochain satellite altimétrique nouvelle génération, baptisé SWOT.

La start-up eOdyn propose maintenant une solution simple et peu coûteuse d’analyse numérique de données ouvertes, notamment des données AIS (Automatic Identification System), pour mesurer les courants en temps réel et différé. Ces données permettent d’exploiter les navires comme autant de capteurs récoltant des informations sur les courants. Sachant qu’environ 100 000 navires naviguent en simultané autour du globe, cela représente 100 000 points de mesures. Contre 6 actuellement fournis par les satellites.

Une solution simple, abordable et complète d’observation des courants marins

Chaque navire émet un message AIS toutes les dix secondes. Ce message comporte des informations sur le navire lui-même, sa position et sa route. Toutes les données sont collectées par un réseau international de récepteurs et d’antennes installés le long des côtes ou de satellites en orbite basse. Ces messages AIS sont à la base pensés et utilisés comme un système de sécurité maritime anticollision. « Il a fallu créer un système ouvert par nature qui permet des échanges entre navires d’informations non cryptées, afin qu’ils puissent se voir les uns les autres » précise Yann Guichoux, fondateur de la start-up.

eOdyn collecte et analyse ces données AIS, et les soumet à un algorithme capable d’analyser la trajectoire de chaque navire dans différentes conditions de navigation et d’en tirer un modèle de comportement hydrodynamique. À partir du mouvement du navire par rapport à sa trajectoire prévue, il déduit la direction et l’intensité du courant auquel il est soumis. « L’algorithme a besoin d’un volume conséquent de données pour fonctionner » explique Yann Guichoux. « Ici, des notions de big data et de machine learning entrent en jeu. Pour l’algorithme, il y a une phase d’apprentissage pour chaque navire analysé. »

À lire également sur I’MTech : Quèsaco le big data ?

En plus d’être peu coûteuse, la solution proposée par eOdyn permet de fournir des données bien plus complètes que les satellites altimétriques : « La mesure par altimétrie est limitée, parce qu’on obtient des informations sur le courant uniquement perpendiculairement à la trace du satellite » précise Yann Guichoux. « Et l’information fournie ne porte que sur un courant géostrophique, un courant théorique. Le courant réel prend en compte ce courant géostrophique, mais également le courant de marée et le courant lié à la force du vent, ce qu’eOdyn restitue. »

Économie de carburant, sauvetage en mer et recherches sur le climat

« Au début, notre business model consistait à vendre les données obtenues. Maintenant, nous migrons progressivement vers de la fourniture de services à valeur ajoutée à destination de différents secteurs » explique Yann Guichoux. Dans le domaine du transport maritime, plutôt que de vendre directement des données à des compagnies qui ne savent ni les traiter ni les utiliser, la start-up fournira des routes de navigation optimales pour permettre aux navires d’exploiter les courants porteurs et d’économiser ainsi du carburant. Par ailleurs, un système de monitoring est prévu à destination des sociétés de l’offshore pétrolier. Il alertera en temps réel sur la présence de tourbillons capables de perturber les opérations de forage, de causer des dégâts matériels et le rejet de polluants dans l’océan. Yann Guichoux prévoit également le développement d’un outil de prédiction de dérive pour le sauvetage en mer, qui fournira une estimation de la position d’un homme à la dérive pour aiguiller les recherches. Enfin, la start-up s’intéresse également à la fourniture de données pour la recherche sur l’évolution du climat, pour déterminer, par exemple, le ralentissement du courant du Gulf Stream.

Mais eOdyn ne s’arrêtera pas là. À partir de la même base algorithmique, modifiée avec d’importantes variantes, la start-up travaille sur de nouveaux projets de mesures de la houle et du vent, qui sortiront courant 2018. « Un navire est un mobile sur l’eau, soumis aux contraintes des courants, de la houle et des vagues. Lorsque l’on regarde les données et leur analyse, on a une signature sur ces trois paramètres » affirme Yann Guichoux. Ainsi, avec le développement de nouveaux outils basés sur l’observation de ces phénomènes, de nouveaux champs d’application restent encore à découvrir.

 

Article original publié sur I'MTECH

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The company

KERMAP is a spinoff of the University of Rennes 2 and the LETG laboratory set up by the French National Centre for Scientific Research (CNRS). The company, founded in 2016, provides solutions to support cities in their ecological transition, offering a broad range of services, such as vegetation and air quality monitoring, and carbon storage estimation, among others.

The challenge

Every city is an ecosystem, and maintaining its good status is crucial for the health and happiness of city residents. This implies granting a good balance between green and built areas, sustaining biodiversity, restoring natural habitats and providing ecological corridors for wild species. The city of Rennes, where KERMAP is based, counts 12.700 trees. Among them, many are ancient specimens that need to be cut down to prevent damages to the infrastructure. To plan such works, the city needed a precise map of the trees and their species, in addition to information on air quality, infrastructure and buildings in the concerned areas.

KERMAP wanted to assist the city of Rennes in planning its tree management works. Hence, the company started looking for a viable solution to map and monitor the vegetation status.  The data on green areas had to be scalable and comparable over time and be made available online to local communities, public administration, and private actors.

The satellite solution

In 2017 KERMAP used satellite imagery to map and qualify green areas in Rennes. Satellite imagery reveals to be useful to map wide portions of territory in different time gaps and conditions. The images used are provided by the French Centre for Space Studies (CNES), the Bretagne province and its academic labs. The urban vegetation is monitored at least once a month to model the vegetation development cycle.

Thanks to the data collected, KERMAP prepared a demo map of the city, showing green areas and the kind of trees and plants present in different neighbourhoods, together with the percentage of vegetation compared to built-in areas. In addition to this, at the end of 2017 KERMAP realised a new demo that shows the impact of urban morphology on the local climate (KERMAP- Urban Climate of Rennes).

The users of the demo can see different local climate zones and the impacts of the urban planning on the local climate. The demo mainly shows that the urban vegetation is essential for local climate regulation. The maps are free and publicly available online, on the website of the Company (KERMAP- Green areas of Rennes). The first deliveries of the demos for the city of Rennes are expected for mid-2018. 

The results

The satellite-based map will help the City of Rennes to monitor the evolution of the vegetation in different areas, the increasing of house units to the detriment of green areas and climate change issues. The map will allow city authorities to understand which trees need to be cut and to decide on where they will be replanted and on which species are more suitable for different areas of the city. The information on the vegetation cover collected through satellite imagery will also help the city to prepare its future Local Plan of Urbanism (PLU). Indeed, according to the PLU, each neighbour of the city needs to have a mandatory percentage of green areas.

"Our objective is to offer a free showcase of information on the vegetation of big cities. This is possible today thanks to satellite imagery." Antoine Lefebvre, Founder and President of KERMAP 

 

Contacts

Contacts: 
Antoine Lefebvre- Founder and President of KERMAP 
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. 
2 rue de la Châtaigneraie
35510 Cesson Sévigné
France
www.kermap.com

 

Article original publié sur eurisy.org

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Les territoires assistent à une période de changements structurels. Avec la Loi NOTRe, leur périmètre et les compétences qui leur incombent sont redéfinis. Nous devons relever des défis importants avec des moyens modestes. Dans ce contexte, le recours aux solutions spatiales apparaît comme une solution pertinente, d’autant plus que nous bénéficions d’une conjoncture globale très favorable.

Les programmes d’accès à la donnée mis en place par l’Europe, avec notamment les données gratuites Copernicus, entraînent une démocratisation générale et massive du recours à ces data. Un nombre croissant d’entreprises y accède pour y ajouter de la valeur et créer des produits et services, et des startups émergent sur ce créneau. Ce développement industriel s’accompagne d’une forte création de valeur territoriale : des centaines d’emplois très qualifiés viennent soutenir cette croissance.

En parallèle, la donnée satellitaire connaît un phénomène de territorialisation intéressant. En effet, les services et produits proposés doivent être adaptés aux réalités de chaque territoire, quelle que soit leur nature : rural, urbain, périurbain, côtier, de montagne… Pour adapter ces solutions et les rapprocher des usages, l’écosystème adopte une démarche thématique, notamment via l’action des Boosters, qui ont une approche dans ce sens.

Enfin, les différents échelons territoriaux ont besoin de connaître rapidement leurs nouveaux périmètres géographiques et d’accéder à des informations précises et mises à jour régulièrement. La donnée satellitaire, de par sa régularité et sa haute résolution, s’avère là aussi être une solution très adaptée.

Cette conjoncture est très propice au développement de l’écosystème de l’applicatif spatial, dont la croissance passe aussi par des actions de formation adaptées. Pour traiter ces téraoctets de données des nouvelles compétences émergent, et nous devons anticiper les formations nécessaires à la réussite de ces évolutions.

En région Bretagne, le cadre politique est favorable, et l’engagement auprès de ces procédés novateurs est fortement ancré. Nous avons impulsé et soutenu la création du GIS BreTel, qui regroupe les acteurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche autour du spatial depuis 2009, afin notamment d’accompagner l’implantation de la station VIGISAT (première station civile française de réception d’images radar en 2009 et station officielle de réception de Sentinel 1) à Brest. Nous soutenons des initiatives territoriales comme le Booster MORESPACE, relais d’appui au développement de l’écosystème. Pour créer un environnement favorable à l’innovation, la Région a redéfini son action au service des entreprises dans le cadre d’un schéma régional de l’innovation. Ainsi, la Région accompagne les projets innovants et finance les structures d’appui. Afin de faciliter les transferts de technologie, elle soutient aussi les projets de partenariat recherche-entreprises (notamment dans le cadre des pôles de compétitivité bretons). Toutes ces actions viennent concourir à un objectif global de création d’activités nouvelles et de promotion des startups. L’évolution des usages de la donnée spatiale constitue un levier pour continuer à définir et orienter les politiques de soutien à cette culture de l’innovation.

Sur le plan national, l’implication du CNES aux côtés de la Région, notamment via la mise en place d’un accord-cadre, ou les liens établis avec l’Institut InSpace, contribuent à renforcer notre dynamique de soutien. Actuellement la Région Bretagne, en collaboration avec le CNES et InSpace, participe au Projet TEMPo, dont l’objectif est de déterminer comment le spatial peut répondre aux besoins des collectivités dans différentes thématiques : aménagement du territoire, préservation de l’environnement et des ressources naturelles, changement climatique, gestion du littoral et de l’espace maritime, santé & environnement, prévention risques naturels.

Toutes ces briques s’additionnent dans la construction d’un écosystème territorial solide et à forte valeur ajoutée, qui contribue à créer de la valeur pour nos institutions, notre tissu économique et nos citoyens. Comme je le disais au début de cet éditorial, nous assistons à des changements sociétaux importants, et nous devons relever des défis de taille. Des outils innovants et très performants sont là pour nous aider à y parvenir, associés à une conjoncture très favorable. Soyons audacieux ! Profitons de cet alignement positif pour transformer la contrainte en une belle opportunité de développement territorial, technologique et surtout humain.

 

Article original publié sur inspace-institute.com

©2018 Bretel.

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