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Oui, on peut piloter d'ambitieux projets pour l'Agence spatiale européenne depuis... Plougonvelin, à la pointe du Finistère. C'est ce que prouve la jeune pousse Along-Track, pilotée par Nicolas Bercher et Pierre Fabry. Une société appelée à vite et bien grandir.

Que fait concrètement Along-Track ?
On fait de la télédétection, c'est-à-dire l'observation de la planète par les satellites, et plus précisément par les données d'altimétrie et radar. Nos principaux domaines d'application sont d'abord dans l'hydrologie spatiale, qui permet de cartographier la surface en eau de la terre et mesurer la hauteur d'eau des lacs et rivières, pour observer leur évolution dans le temps. Et on s'intéresse également aux glaces des mers, car on sait mesurer leur hauteur émergée et donc suivre la fonte des glaces. C'est intéressant pour le suivi du climat de la planète, mais aussi pour les voies maritimes, sur le Pôle Sud, pour lequel il y aura de plus en plus de demandes.

Vous vendez quoi et à qui ?
On ne vend pas des mesures brutes, mais des applications, des solutions algorithmiques qui permettent d'améliorer la chaîne de traitement des données satellitaires. Nos clients sont, pour l'instant, l'Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d'études spatiales (CNES).

Comment voyez-vous votre entreprise d'ici trois à cinq ans ?
Jusqu'à présent, on était en phase de décollage. Là, on vient de franchir un premier pallier, avec l'embauche d'une assistante de direction et d'un nouvel ingénieur. Nous sommes quatre aujourd'hui et on va continuer de grandir pour monter sans doute à 10 ou 15 personnes. On n'a pas l'ambition de devenir une grosse boîte : on veut rester à taille humaine, pour garder une forme d'agilité, d'efficacité. Et, à très court terme, on devrait déménager, sans doute au Technopôle de Plouzané. On est déjà à l'étroit ici et c'est intéressant d'être au cœur de l'écosystème numérique et spatial.

 

Pierre Fabry, article original publié par le Télégramme

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Les méthodes de mesures actuelles des courants marins de surface sont coûteuses, difficiles à mettre en œuvre et limitées dans leur récolte d’informations. La solution proposée par la start-up eOdyn, basée sur une analyse algorithmique des données du trafic maritime, crée une réelle rupture technologique. Très abordable et plus efficace, elle permet d’observer en temps réel et différé les courants marins sur toute la surface du globe. À partir de cette technologie, eOdyn développe de nombreux services à destination des acteurs du transport maritime, de l’offshore pétrolier, du sauvetage en mer et de la recherche sur l’évolution du climat. Incubée à IMT Atlantique, la start-up a pour clients ou partenaires CMA CGM, Airbus Defence and Space, l’Agence spatiale européenne et Ifremer.

Pour mesurer les courants marins en haute mer, deux solutions sont principalement utilisées. La première consiste à lancer à la mer des bouées dérivantes munies de GPS et à suivre leur déplacement. Une technique historique, toujours efficace, mais coûteuse et difficile à mettre en œuvre. Elle nécessite notamment d’ensemencer l’océan de façon homogène, et de changer régulièrement les batteries de ces capteurs à la dérive. La deuxième méthode consiste à mesurer les courants marins grâce aux 6 satellites altimétriques actuellement en orbite autour de la Terre. Au mieux, lorsque les six satellites se trouvent au-dessus des océans, et non au-dessus des continents, ils permettent d’obtenir à un moment donné six mesures du niveau de la surface de l’eau, dont on peut déduire la présence et le sens des courants. Une technique qui requiert également des moyens économiques considérables, comme l’atteste le coût de 1,2 milliard d’euros du projet de développement, de lancement et de fonctionnement sur trois ans du prochain satellite altimétrique nouvelle génération, baptisé SWOT.

La start-up eOdyn propose maintenant une solution simple et peu coûteuse d’analyse numérique de données ouvertes, notamment des données AIS (Automatic Identification System), pour mesurer les courants en temps réel et différé. Ces données permettent d’exploiter les navires comme autant de capteurs récoltant des informations sur les courants. Sachant qu’environ 100 000 navires naviguent en simultané autour du globe, cela représente 100 000 points de mesures. Contre 6 actuellement fournis par les satellites.

Une solution simple, abordable et complète d’observation des courants marins

Chaque navire émet un message AIS toutes les dix secondes. Ce message comporte des informations sur le navire lui-même, sa position et sa route. Toutes les données sont collectées par un réseau international de récepteurs et d’antennes installés le long des côtes ou de satellites en orbite basse. Ces messages AIS sont à la base pensés et utilisés comme un système de sécurité maritime anticollision. « Il a fallu créer un système ouvert par nature qui permet des échanges entre navires d’informations non cryptées, afin qu’ils puissent se voir les uns les autres » précise Yann Guichoux, fondateur de la start-up.

eOdyn collecte et analyse ces données AIS, et les soumet à un algorithme capable d’analyser la trajectoire de chaque navire dans différentes conditions de navigation et d’en tirer un modèle de comportement hydrodynamique. À partir du mouvement du navire par rapport à sa trajectoire prévue, il déduit la direction et l’intensité du courant auquel il est soumis. « L’algorithme a besoin d’un volume conséquent de données pour fonctionner » explique Yann Guichoux. « Ici, des notions de big data et de machine learning entrent en jeu. Pour l’algorithme, il y a une phase d’apprentissage pour chaque navire analysé. »

À lire également sur I’MTech : Quèsaco le big data ?

En plus d’être peu coûteuse, la solution proposée par eOdyn permet de fournir des données bien plus complètes que les satellites altimétriques : « La mesure par altimétrie est limitée, parce qu’on obtient des informations sur le courant uniquement perpendiculairement à la trace du satellite » précise Yann Guichoux. « Et l’information fournie ne porte que sur un courant géostrophique, un courant théorique. Le courant réel prend en compte ce courant géostrophique, mais également le courant de marée et le courant lié à la force du vent, ce qu’eOdyn restitue. »

Économie de carburant, sauvetage en mer et recherches sur le climat

« Au début, notre business model consistait à vendre les données obtenues. Maintenant, nous migrons progressivement vers de la fourniture de services à valeur ajoutée à destination de différents secteurs » explique Yann Guichoux. Dans le domaine du transport maritime, plutôt que de vendre directement des données à des compagnies qui ne savent ni les traiter ni les utiliser, la start-up fournira des routes de navigation optimales pour permettre aux navires d’exploiter les courants porteurs et d’économiser ainsi du carburant. Par ailleurs, un système de monitoring est prévu à destination des sociétés de l’offshore pétrolier. Il alertera en temps réel sur la présence de tourbillons capables de perturber les opérations de forage, de causer des dégâts matériels et le rejet de polluants dans l’océan. Yann Guichoux prévoit également le développement d’un outil de prédiction de dérive pour le sauvetage en mer, qui fournira une estimation de la position d’un homme à la dérive pour aiguiller les recherches. Enfin, la start-up s’intéresse également à la fourniture de données pour la recherche sur l’évolution du climat, pour déterminer, par exemple, le ralentissement du courant du Gulf Stream.

Mais eOdyn ne s’arrêtera pas là. À partir de la même base algorithmique, modifiée avec d’importantes variantes, la start-up travaille sur de nouveaux projets de mesures de la houle et du vent, qui sortiront courant 2018. « Un navire est un mobile sur l’eau, soumis aux contraintes des courants, de la houle et des vagues. Lorsque l’on regarde les données et leur analyse, on a une signature sur ces trois paramètres » affirme Yann Guichoux. Ainsi, avec le développement de nouveaux outils basés sur l’observation de ces phénomènes, de nouveaux champs d’application restent encore à découvrir.

 

Article original publié sur I'MTECH

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The company

KERMAP is a spinoff of the University of Rennes 2 and the LETG laboratory set up by the French National Centre for Scientific Research (CNRS). The company, founded in 2016, provides solutions to support cities in their ecological transition, offering a broad range of services, such as vegetation and air quality monitoring, and carbon storage estimation, among others.

The challenge

Every city is an ecosystem, and maintaining its good status is crucial for the health and happiness of city residents. This implies granting a good balance between green and built areas, sustaining biodiversity, restoring natural habitats and providing ecological corridors for wild species. The city of Rennes, where KERMAP is based, counts 12.700 trees. Among them, many are ancient specimens that need to be cut down to prevent damages to the infrastructure. To plan such works, the city needed a precise map of the trees and their species, in addition to information on air quality, infrastructure and buildings in the concerned areas.

KERMAP wanted to assist the city of Rennes in planning its tree management works. Hence, the company started looking for a viable solution to map and monitor the vegetation status.  The data on green areas had to be scalable and comparable over time and be made available online to local communities, public administration, and private actors.

The satellite solution

In 2017 KERMAP used satellite imagery to map and qualify green areas in Rennes. Satellite imagery reveals to be useful to map wide portions of territory in different time gaps and conditions. The images used are provided by the French Centre for Space Studies (CNES), the Bretagne province and its academic labs. The urban vegetation is monitored at least once a month to model the vegetation development cycle.

Thanks to the data collected, KERMAP prepared a demo map of the city, showing green areas and the kind of trees and plants present in different neighbourhoods, together with the percentage of vegetation compared to built-in areas. In addition to this, at the end of 2017 KERMAP realised a new demo that shows the impact of urban morphology on the local climate (KERMAP- Urban Climate of Rennes).

The users of the demo can see different local climate zones and the impacts of the urban planning on the local climate. The demo mainly shows that the urban vegetation is essential for local climate regulation. The maps are free and publicly available online, on the website of the Company (KERMAP- Green areas of Rennes). The first deliveries of the demos for the city of Rennes are expected for mid-2018. 

The results

The satellite-based map will help the City of Rennes to monitor the evolution of the vegetation in different areas, the increasing of house units to the detriment of green areas and climate change issues. The map will allow city authorities to understand which trees need to be cut and to decide on where they will be replanted and on which species are more suitable for different areas of the city. The information on the vegetation cover collected through satellite imagery will also help the city to prepare its future Local Plan of Urbanism (PLU). Indeed, according to the PLU, each neighbour of the city needs to have a mandatory percentage of green areas.

"Our objective is to offer a free showcase of information on the vegetation of big cities. This is possible today thanks to satellite imagery." Antoine Lefebvre, Founder and President of KERMAP 

 

Contacts

Contacts: 
Antoine Lefebvre- Founder and President of KERMAP 
This email address is being protected from spambots. You need JavaScript enabled to view it. 
2 rue de la Châtaigneraie
35510 Cesson Sévigné
France
www.kermap.com

 

Article original publié sur eurisy.org

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Les territoires assistent à une période de changements structurels. Avec la Loi NOTRe, leur périmètre et les compétences qui leur incombent sont redéfinis. Nous devons relever des défis importants avec des moyens modestes. Dans ce contexte, le recours aux solutions spatiales apparaît comme une solution pertinente, d’autant plus que nous bénéficions d’une conjoncture globale très favorable.

Les programmes d’accès à la donnée mis en place par l’Europe, avec notamment les données gratuites Copernicus, entraînent une démocratisation générale et massive du recours à ces data. Un nombre croissant d’entreprises y accède pour y ajouter de la valeur et créer des produits et services, et des startups émergent sur ce créneau. Ce développement industriel s’accompagne d’une forte création de valeur territoriale : des centaines d’emplois très qualifiés viennent soutenir cette croissance.

En parallèle, la donnée satellitaire connaît un phénomène de territorialisation intéressant. En effet, les services et produits proposés doivent être adaptés aux réalités de chaque territoire, quelle que soit leur nature : rural, urbain, périurbain, côtier, de montagne… Pour adapter ces solutions et les rapprocher des usages, l’écosystème adopte une démarche thématique, notamment via l’action des Boosters, qui ont une approche dans ce sens.

Enfin, les différents échelons territoriaux ont besoin de connaître rapidement leurs nouveaux périmètres géographiques et d’accéder à des informations précises et mises à jour régulièrement. La donnée satellitaire, de par sa régularité et sa haute résolution, s’avère là aussi être une solution très adaptée.

Cette conjoncture est très propice au développement de l’écosystème de l’applicatif spatial, dont la croissance passe aussi par des actions de formation adaptées. Pour traiter ces téraoctets de données des nouvelles compétences émergent, et nous devons anticiper les formations nécessaires à la réussite de ces évolutions.

En région Bretagne, le cadre politique est favorable, et l’engagement auprès de ces procédés novateurs est fortement ancré. Nous avons impulsé et soutenu la création du GIS BreTel, qui regroupe les acteurs de l’Enseignement supérieur et de la recherche autour du spatial depuis 2009, afin notamment d’accompagner l’implantation de la station VIGISAT (première station civile française de réception d’images radar en 2009 et station officielle de réception de Sentinel 1) à Brest. Nous soutenons des initiatives territoriales comme le Booster MORESPACE, relais d’appui au développement de l’écosystème. Pour créer un environnement favorable à l’innovation, la Région a redéfini son action au service des entreprises dans le cadre d’un schéma régional de l’innovation. Ainsi, la Région accompagne les projets innovants et finance les structures d’appui. Afin de faciliter les transferts de technologie, elle soutient aussi les projets de partenariat recherche-entreprises (notamment dans le cadre des pôles de compétitivité bretons). Toutes ces actions viennent concourir à un objectif global de création d’activités nouvelles et de promotion des startups. L’évolution des usages de la donnée spatiale constitue un levier pour continuer à définir et orienter les politiques de soutien à cette culture de l’innovation.

Sur le plan national, l’implication du CNES aux côtés de la Région, notamment via la mise en place d’un accord-cadre, ou les liens établis avec l’Institut InSpace, contribuent à renforcer notre dynamique de soutien. Actuellement la Région Bretagne, en collaboration avec le CNES et InSpace, participe au Projet TEMPo, dont l’objectif est de déterminer comment le spatial peut répondre aux besoins des collectivités dans différentes thématiques : aménagement du territoire, préservation de l’environnement et des ressources naturelles, changement climatique, gestion du littoral et de l’espace maritime, santé & environnement, prévention risques naturels.

Toutes ces briques s’additionnent dans la construction d’un écosystème territorial solide et à forte valeur ajoutée, qui contribue à créer de la valeur pour nos institutions, notre tissu économique et nos citoyens. Comme je le disais au début de cet éditorial, nous assistons à des changements sociétaux importants, et nous devons relever des défis de taille. Des outils innovants et très performants sont là pour nous aider à y parvenir, associés à une conjoncture très favorable. Soyons audacieux ! Profitons de cet alignement positif pour transformer la contrainte en une belle opportunité de développement territorial, technologique et surtout humain.

 

Article original publié sur inspace-institute.com

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Si le « business model » est encore en pleine évolution, Eodyn compte déjà plusieurs clients : l’Agence spatiale européenne, l’Ifremer ou encore Airbus Defense and Space.Si le « business model » est encore en pleine évolution, Eodyn compte déjà plusieurs clients : l’Agence spatiale européenne, l’Ifremer ou encore Airbus Defense and Space. | ouest-france

La société brestoise fait partie de la centaine de professionnels présents ce mardi aux Capucins pour les rencontres de la Filière Mer. L’occasion de présenter son innovation, unique au monde. Entretien avec Yann Le Guichoux, son président.

Ce mardi, vous participez avec une centaine d’autres professionnels aux rencontres nationales de la Filière Mer. Pourquoi ?

Pour deux raisons. D’abord, pour une question de fidélité. Le Crédit Agricole à travers cette filière – tournée sur le développement et l’accompagnement de l’activité économique maritime – a soutenu Eodyn depuis sa création en 2015. Ensuite pour la visibilité. Cet événement est en effet l’occasion de faire connaître notre activité professionnelle et notre innovation auprès des acteurs locaux et nationaux du monde maritime. Une aubaine pour la société qui prépare pour 2018 une nouvelle levée de fonds, après celle de 600 000 € en avril dernier.

En quoi consiste votre innovation ?

La solution brevetée et proposée par Eodyn est simple : mesurer les courants marins de surface à l’échelle de la planète en temps réel et différé. Aujourd’hui, seuls six satellites gouvernementaux fournissent ces données, mais ces observations restent très imprécises. Donc avant d’être une innovation au service du territoire, c’est avant tout une innovation au service de la planète. Cela peut paraître prétentieux mais cette offre est vraiment unique au monde et surtout révolutionnaire.

Retrouvez notre rubrique Innovation

Comment ça marche ?

On collecte et on analyse – via nos propres algorithmes – les informations du trafic mondial maritime en temps réel. Et ce, grâce au système d’identification automatique (AIS en anglais). Des informations récupérées grâce aux capteurs AIS présents sur tous les bateaux du monde. Une sorte de boîte noire qui permet de les identifier et de les géolocaliser. Une fois analysées, ces données nous permettent de déterminer l’intensité et l’orientation des courants marins.

Sur le terrain quelles peuvent être les applications ?

L’innovation que nous proposons peut-être utile aussi bien pour les compagnies maritimes, les skippers, les pêcheurs que pour les plaisanciers. Par exemple, à l’heure actuelle, le budget carburant représente 50 % des coûts opérationnels d’un navire. Or, en utilisant au mieux les courants porteurs, grâce à nos données, nous pouvons faire baisser cette facture de 1 à 3 %. Soit plusieurs millions de dollars pour certaines compagnies, notamment dans le domaine du transport commercial.

Retrouvez notre rubrique Economie de la mer

L’intérêt est donc avant tout économique ?

Oui bien sûr, mais le volet sécuritaire et écologique n’est pas négligeable pour autant. Lorsqu’un navire dérive ou qu’un homme tombe à la mer, chaque minute compte. Une information précise sur les courants permet d’analyser les trajectoires et de mieux cibler la zone de recherche. Les compagnies pétrolières sont aussi très demandeuses de ces données, qui repèrent les courants pouvant entourer leurs plateformes et leurs forages. Et pour cause. Tout le monde se souvient du drame humain, environnemental et financier provoqué par l’explosion de la plateforme Deepwater Horizon, dans le golfe du Mexique, en avril 2010.

 

Article original publié sur Ouest-France.fr

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