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Données satellitaires, télédétection, services avals, chaîne de valeur… de quoi parle-t-on ?

 

 


Les mots pour désigner les données d'observation de la Terre sont nombreux (données de télédétection, produits satellitaires, imagerie spatiale...).

 

 

Techniquement, il est important de retenir que l’acquisition et le traitement de toutes ces données s’appuient sur un même principe, le principe de télédétection.

 

Télédétection

Appliquée à l’observation de la Terre, la télédétection désigne la technique d’acquisition d’images et les techniques de traitement de ces images dans le but d’obtenir des informations sur la surface de la Terre, sans contact direct avec celle-ci.

 

 

Pour en savoir plus sur le principe de télédétection, cliquez ici

 

Le principe de télédétection peut être schématisé ainsi : la surface de la Terre reçoit un rayonnement (par exemple émis par le soleil) et le réfléchit vers l’espace. Le rayonnement réfléchi est enregistré par un capteur (par exemple à bord d’un satellite), converti en données numériques, renvoyées à une station de réception située sur Terre. Ces données numériques, ou images, sont ensuite analysées et traitées afin d’en extraire des informations utiles.

 

Ainsi, la télédétection permet d’acquérir des informations sur la surface de la Terre, inédites et complémentaires de celles déjà couramment utilisées (données in situ, données statistiques, etc.). On peut par exemple cartographier et suivre l'évolution de la végétation, des surfaces bâties, des parcelles agricoles, obtenir des informations sur l'humidité des sols, sur la température de surface de la Terre, etc. Autant d'informations utiles pour établir des diagnostics et/ou orienter et évaluer des politiques locales en aménagemnt du territoire.

 

Ce processus de transformation des images en informations ou services utiles et utilisables par des entreprises, administrations et citoyen est souvent présenté comme une « chaîne de valeur » qui fait intervenir des acteurs très variés, mobilisant différentes disciplines, œuvrant dans différents secteurs et qui ont chacun leurs habitudes de travail et leur vocabulaire.

 

 

La chaîne de valeur : de l’image au produit

À partir d’images satellitaires et en faisant intervenir d’autres types de données, appelées ici données in situ (des relevés terrain par exemple), il est possible de calculer des indices et paramètres simples. À partir de ces indices, en faisant intervenir des compétences diverses, il est possible de développer des produits, ainsi appelés produits à valeur ajoutée.

 

 

La transformation d’images en produits est généralement testée dans un premier temps sur des portions de territoire restreintes sur lesquelles les chercheurs disposent de jeux de données importants (images satellitaires, photographies aériennes, relevés terrains, etc.). On parle alors de « preuve de concept » : les chercheurs testent de nouveaux algorithmes et publient les méthodes mobilisant des images satellitaires permettant de répondre à une question donnée sur un territoire.

 

Par exemple en Bretagne, les chercheurs du dispositif Kalideos traitent des questions liées à l’environnement, l’urbanisation, l’agriculture sur une zone test allant de Rennes métropole à la baie du Mont Saint-Michel. En savoir plus sur Kalideos.

 

Mais pour passer à une phase opérationnelle, il est nécessaire de généraliser ces méthodes et produits sur de plus vastes territoires, on parle alors de « mise en production ». Cette dernière soulève de nouvelles problématiques : adaptation de méthodes à d’autres territoires, besoin de données terrain (in situ), traitement de jeux de données très volumineux.

 

La chaîne de valeur : du produit au service

Lorsque la preuve de la pertinence de l’utilisation des données satellitaires est faire sur un territoire test ou pour une question précise, d’autres acteurs que les chercheurs (entreprises, administrations) peuvent s’emparer de ces méthodes et les généraliser sur de plus grands territoires, ou les adapter à des besoins spécifiques.

 

 

Cette chaîne de valeur est qualifiée par les acteurs du secteur spatial de chaîne « avale » par opposition à toute la chaîne « amont » (étapes de conception et de lancement des satellites et capteurs, réception des images). Par déclinaison on parle donc de produits, services et applications avals.

 

 

 

 

 


Quelle place pour les utilisateurs non spécialistes de la télédétection ?

 

 

Longtemps, les utilisateurs finaux ont été considérés comme intervenant finaux de la chaîne de valeur (éléments de définition sur la chaîne de valeur ici), supposés s’emparer des nouvelles techniques et produits satelliatires pour construire leurs propres applications ou en intégrant de nouveaux jeux de données dans leurs métiers. Dans les faits, cette chaîne de valeur restée trop descendante n’a pas permis jusque-là de répondre aux besoins métiers des utilisateurs.

 

Dans la démarche initiée par GéoBretagne et BreTel, l’objet est d’inverser le sens de la chaîne de valeur : partir des besoins des utilisateurs afin de voir comment des données satellitaires peuvent répondre, en totalité ou en partie, à des besoins métiers ; et de permettre aux utilisateurs d'intervenir tout au long des différentes étapes de la chaîne (co-construction de produits, services, applications). On parle ainsi de produit métier et non plus de produit à valeur ajoutée.

 

La chaîne de valeur « inversée » : de vos besoins aux services opérationnels

0 - Vous informer sur les données satellitaires (images, indices, produits, applications potentielles)

1 - Faire émerger et préciser vos besoins

2 - Identifier les indices et paramètres pouvant fournir une nouvelle source d’information pertinente au regard de votre besoin, mettre en production et garantir à tous l'accès à ces indices et paramètres

3 - Vous accompagner dans la co-construction, à partir de ces indices et paramètres, de vos produits métiers (choix de la typologie, du vocabulaire, de l'échelle d’utilisation adaptés), vous en garantir l'accès et les partager à travers des démonstrateurs. Les produits métiers sont la traduction des indices/paramètres en valeurs dites qualitatives

4 - Vous accompagner dans la construction d’applications métiers combinant données satellitaires, produits métiers et autres données (statistique, SIG, etc.). Ce développement d’application se faire en interne ou par des prestataires

 

 

Dans ce contexte, les ressources produites par le Pôle métier télédétection visent à donner à voir ce qu’il est possible de faire aujourd’hui, ce qu’il sera possible de faire demain, et d’envisager l’usage de ces données dans vos métiers, que ce soit :

  • en utilisant vous-même des applications mobilisant des techniques et des données de télédétection

  • en faisant appel à des spécialistes

  • en vous faisant accompagner, conseiller par des structures dédiées.

 L’objectif à terme est de partager les cas d’usages et les données produites.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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   copernicus

“Evidence suggests that it is public-policy — the means by which a government addresses the needs of citizens — that usually pushes an entire industry to embrace a new business model (…). Policy-driven action reboots the system by creating a new, irreversible best practice” – Alberto Alemanno, Lobbying for Change.

As Copernicus is increasingly portrayed as a game changer in different policy domains and economic sectors, many civil servants working in public administrations across Europe are still unaware that Copernicus exists. With over 12 terabytes of Earth Observation data generated daily, Copernicus is indisputably recognized as the third largest data provider in the world. This does not necessarily lead to the processing of this data into useful, usable, and used the information; let alone is this information necessarily transformed into knowledge for shaping evidence-based policies.

The so-called “Copernicus user uptake”, an expression widely used by those operating in the European space sector, should not be considered as self-explanatory. There are a series of underlying assumptions in the common understanding of this expression, such as:

we all relate Copernicus to Europe’s constellation of Earth Observation satellites and dedicated Services (rather than to Nicolaus Copernicus, the Renaissance-era mathematician, and astronomer who revolutionized the understanding of the universe by formulating a model that placed the Sun, rather than the Earth, at the centre of the universe);

we assimilate users to specific categories of people that could make use of Copernicus-based products and services in their daily work and/or life (think of “ideal types” or “user personas”, and increase the resolution)

we associate the notion of uptake to a set of activities that range from awareness raising to the actual transformation/use of Copernicus data and services by the users.

Much ink has been spilt on the topic of the obstacles to the full deployment of Copernicus uptake.

The panorama of roadblocks commonly mentioned in the different studies and reports range from policy barriers to market constraints, governance difficulties, technical issues and, to a lesser extent, lack of skills (Space Market Uptake in Europe, 2016).

Which skills?

Whose skills?

Skills, for which purpose?

The role of the public sector in unlocking the full potential of Copernicus uptake has been widely disputed, discussed and established. The public sector — at European, national and regional level — impacts on both ends of the space value chain: the fact that civil servants are key players of this process is undeniable, as public administrations act both as procurers, data providers and users of Copernicus-based products and services. Their importance in driving the full deployment of Copernicus in different application domains is directly related to the mission of the public administration, responsible for policy formulation and its implementation in different fields related to territorial management for which Copernicus has been designed.

Although the lack of skills and awareness is recognized as an effective barrier to Copernicus user uptake, this shortage does not have the same impact when it takes place in the private sector rather than the public one. In the first case, new commercial users who do not have the competencies and experience to manage the raw data and services made available by the Copernicus programme could be facilitated by the different measures that address the issue of data access (i.e. DIAS, Sentinel Hub, etc.) as well as those dedicated to the private sector (Copernicus Relays, Hackathons, Accelerators, Incubators.

When it comes to the public users, the skills shortage within the administration — understood as a key user group — is doubled with the systemic resistance to change. The issue of Copernicus user uptake should be addressed as an issue related to public sector innovation as a whole, and approached similarly as issues related to the digitization (although in the latter it is about converting information into bits, while when it comes to raw Copernicus data it means transforming this data into useful and usable information). Obstacles to the systematic use of new technologies, such as satellite imagery, should not only be related to skills shortage but seen as part of a broader issue of change management. Provided that we agree on the fact that territorial management and decision-making as a whole would greatly benefit by the systematic use of Copernicus data and related services by public administrations across Europe, the concerns on which obstacles are slowing down this process should be mainstreamed by broadening the perspective.

Roadblocks to Copernicus user uptake in the public administration should be related to those affecting the innovation of the public sector. The role of the public sector in shaping the space value chain has been broadly recognized. Can we say the same about the impact of space-enabled technologies on the public service value chain?

The Expert Group on Public Sector Innovation (PSI), established by the European Commission in 2013 and chaired by Mindlab, published a final report titled “Powering European Public Sector Innovation: Towards A New Architecture”: it gives inspiring insights on where we stand, shapes a new innovation paradigm and design principles, and suggests three cross-cutting recommendations for a new public sector innovation in Europe.

In their opinion, public sector innovation pursues a three-fold set of objectives:

Policies and initiatives with an internal focus on enhancing public sector efficiency (policy design with an internal focus, aiming at administrative or organizational innovation);

Policies and initiatives with an external focus on improving services and outcomes for citizens and businesses and policies (service delivery with an external focus, aiming at tackling differently other public policy domains);

Initiatives with a focus on promoting innovation in other sectors (pro-actively driving the innovation in, i.e. the private sector by “taking on the risk that the private sector fears”);

This framework helps us to better shape the debate on Copernicus user uptake by public administrations, as we can already use this first distinction on innovation happening IN the public sector (the first two points) and THROUGH the public sector (the last point).

Evidence suggests that public sector innovation today mostly happens through uncoordinated initiatives rather than as a result of deliberate, strategic efforts.

When looking back at the skills shortage as a barrier to the full deployment of Copernicus, and to the differences between the impact in the private and public sectors, it is interesting to learn that a survey conducted by Eurisy on the use of satellite-based applications in the public administration, shows that in-house expertise is not a pre-condition for their use, but when it exists it does lead to more proactivity in considering them.

But is it only a question of lacking in-house expertise and/or technical and scientific skills shortage?

Three examples come to my mind, taken from my experience in working for a European regional network aiming at raising awareness on the benefits of using space technologies within local and regional administrations.

The first example comes from Wallonia: a group of motivated people working for the Scientific Institute of Public Service as well as Skywin (the Belgian aerospace cluster) got together to better understand how to integrate the emerging products based on Copernicus data into the decision-making processes of the local and regional authorities. Since 2015, they set up a Working Group on Earth Observation, with the objective of strengthening the exchanges between the private sector, universities and the public sector. In 2017, a second working group called “Common Working Group within Walloon Government services for Earth Observation” was initiated by the Service Public de Wallonie specifically targeting local and regional bodies with the aims of facilitating the use of remote sensing and its derived products within the administrations, coordinating the initiatives internally and externally, adding value to existing experiences and contributing to the awareness about these techniques.

How does this play out in numbers?

16 Working Group meetings have been organized in different policy domains, each of which had between 25 and 50 participants. One survey gathered about 50 topics of interest from 52 respondents mainly from the regional services, although its diffusion to 70 communes identified an interest also at local level. Initially self-financed, the activities have now received a support from the European Commission and new reflections and actions have been planned for 2018:

  • ­How can we set-up peer learning mechanisms (training, pre-processing of data, specific services…)?
  • ­What is the role of the Public Service as a facilitator of the public actors concerned?
  • How does the public service meet the expectations of private and academic partners in terms of dissemination and information?

After three years, a joint initiative emerged aiming at drafting a joint position paper detailing the strategic vision of the Walloon Earth Observation stakeholders. This position paper will be sent to the government authorities to address the future opportunities and challenges.

Another example comes from Veneto region, where Silvano works for the Strategic Territorial Planning and Cartography Organizational Unit heard about the Copernicus Research and User Support Service Portal (also known as Copernicus RUS) shortly after it went public, in September 2017. The first contact email led to an intense correspondence to tailor the service (duration, number of support hours, number of virtual machines, etc.) to his needs. The first virtual machine led to the request of 15 more (for a more limited time) in order to train 20 young colleagues internally. What is the result of this proactive attitude? Today, more people within the regional administration understand the potentialities and criticalities of Copernicus, and an interdepartmental working group has now been set up and will look into the specific needs of the different departments within the regional administration.

Last but not least, an example from the Azores regional administration and its Mission Structure for Space. Approximately three years ago, Francisco is appointed there as the regional contact point for space matters. He has a background in marine biology and has little knowledge of this field. Space is a complex issue when you lack the scientific and technical background, but it becomes very concrete when looked upon from the user’s point of view, in terms of applications, products, and services. Francisco rapidly learns about the achievements of the local space community and grows passionate about the opportunities offered at European level to regional ecosystems who have interests in this field. By looking into the timely information he receives, making the best of networking events, and monitoring calls for tenders, he contributes to shifting the positioning of the Azores. The impacts are diverse: the visibility of the local space community is increased, the European dimension of regional events is strengthened, the regional administration and local university are branded with the Copernicus Relay and Academy logo, and his department becomes part of the only consortia that is selected for implementing the first pre-commercial procurement in the Earth Observation sector.

These stories do certainly not exhaust the meaning of Copernicus uptake by public users. These civil servants are probably just doing the job. This is what is expected of them, this is what their mission implies. But while working with them, while listening to their stories, it is hard not to feel that there is something that goes beyond the job description.

There is a need to look at innovation in the public sector through the magnifying glass.

Institutions are made up of people, by people. They are the ones embodying public sector innovation, they are the ones that add passion to their work and find the motivation within them to change their working habits, grasp opportunities, learn more, train their peers.

More than looking at the skills, knowledge, and abilities, which can always be acquired in time, should we not consider the motivational dimension behind resistance and effective change?

Can motivated, satisfied and fulfilled civil servants lead to an increase in trust and confidence towards the public institutions? This is what the public service value chain is about. What happens when this question is translated in terms of “Copernicus user uptake”?

As the institutional communication says, Copernicus produces a wealth of data and enable services that support “improved decision-making and long-term planning”. The benefits of using Copernicus is presented in terms of cost-efficiency, transparency, accountability, openness, productivity, timeliness, etc. Important, crucial indicators when it comes to the evaluation of public administrations.

Yet, God lies in the details. We are hungry for stories. About women and men waking up in the morning, coping with their personal lives and at the same time doing something more than what is expected from them, or doing it with a sparkle in their eyes that makes the difference. Space is magic because of its inspirational power. The achievements of the European Union in the space sector would not have been the same if each Member State had acted alone. Now that Copernicus and EGNOS/Galileo, the two European space flagship programs are becoming operational, today that the European Commission has presented its proposal for the next EU space budget, we should insist even more on the importance of space for our well-being here on Earth.

The story of «Copernicus user uptake» should (also) be told in terms of space systems linking happy staff to citizen confidence, highlighting the importance of inspiration, collaboration, open standards, and motivation in public service value chain. In times of growing disaffection towards Europe and the establishment, the inspiring power of space should not underestimate in telling a different story on those who shape our world.

 

Ilaria Dauria (Communication/Project Officer, NEREUS Secretariat)

Consultez l'article orignal sur geospatialworld.net

 

 

 

 

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Contexte de la journée et principe du mobile mapping

 

Le 27 mars, GéoBretagne, BreTel, l’IGN, le Département d’Ille et Vilaine (service aménagement foncier) et Rennes métropole étaient invités à une journée test de mobile mapping pour la numérisation en 3D du bourg de Saint-Marc-sur-Couesnon. Cette journée riche en découverte était organisée par le service du cadastre (DRFIP35, Pôle de topographie et de Gestion Cadastrale) et le bureau métier cadastre de la DGFIP. Le service du cadastre explore différentes méthodes d’acquisition de données pour l’élaboration et la mise à jour du plan cadastral (lever terrain traditionnel, lever par drones*, avions, acquisition au sol ou mobile mapping, imagerie satellitaire, etc.).   

Le mobile mapping est un processus de cartographie dynamique qui permet de faire de l’acquisition de données 3D en mouvement

* Le service du cadastre co-anime le Groupe de travail grande surface du Conseil pour les drones civils.  
 
À Saint-Marc-sur-Couesnon, un chantier de remaniement traditionnel (élaboration d’un nouveau plan cadastral par les géomètres sur le terrain) est en cours pour être comparé à de nouvelles méthodes : 
  • acquisition 3D du bourg par mobile mapping (journée du 27 mars et journée IGN à venir) ;
  • photogrammétrie par drone (à venir pour Saint-Marc-sur-Couesnon) ;
  • photogrammétrie par prise de vues aériennes ou satellitaires (pour des chantiers de remaniement de plus grande superficie).

En photogrammétrie plusieurs images d’un même objet sont prises selon différents points de vue. Les outils de photogrammétrie comparent entre elles les photos, trouvent des points de concordance puis déduisent la position de ces points dans l'espace 3D en utilisant le décalage causé par la différence de point de vue. C’est ce principe qui est utilisé pour générer les modèle 3D des villes sur Google Street View

 
L’objectif est d’élaborer un plan cadastral neuf sur lequel figurent le bâti et les limites apparentes entre propriétés. Nous revenons aujourd’hui sur la solution d’acquisition de données par mobile mapping proposée par Leica Geosystem lors de la journée du 27 mars 2018. Cette méthode consiste à acquérir des données 3D de l’espace environnant à partir d’un système d’acquisition en mouvement. Le résultat obtenu est un nuage de points géoréférencés modélisant l’espace (chaque point est localisé grâce à ses coordonnées x, y et z).  

Le plan cadastral est un document administratif à finalité essentiellement fiscale : il représente le découpage du territoire en parcelles pouvant supporter des bâtiments, identifie les propriétaires et sert de base pour le calcul des impôts locaux. Au-delà de son usage traditionnel, il est largement utilisé comme couche de référence dans les systèmes d’information géographique (SIG) des acteurs publics. Pour mettre à jour ce plan, deux options sont possibles : mise à jour continue (par la transmission des permis de construire) ou remaniement (élaboration d’un plan neuf lorsque les plans sont trop vieux et que des décalages trop importants apparaissent suite à la numérisation et l’agrégation des documents par exemple)

 

 Un exemple de résultat de nuages de points pour une grande avenue urbaine 

Le nuage de point est suffisamment dense pour numériser une grande quantité d’information sur les surfaces, le mobilier urbain, les façades, les limites de propriété, la végétation, etc.

 

Les deux systèmes d’acquisition testés à Saint-Marc-sur-Couesnon sont des systèmes de la gamme Pegasus de Leica qui permettent de réaliser de l’acquisition en mouvement à pieds (Leica Pegasus: Backpack) ou à bord d’un véhicule (Leica Pegasus: Two). Le Backpack est un sac à dos pesant environ 12 kg équipé d’un scanner LIDAR (permettant l’acquisition du nuage de points), de caméra, d’un GPS, d’une centrale inertielle. La technologie embarqué sur automobile repose sur le même type d’équipement et permet d’acquérir un nuage de point plus dense. Le principe d’acquisition est celui de la télédétection par laser ou LIDAR.   

Le principe du LIDAR ou laser imaging detection and ranging) est le suivant : un capteur actif émet des faisceaux lasers vers différentes cibles dans l’espace environnant puis reçoit et enregistre l’écho de ces lasers. La position de la source émettrice, la position du capteur qui reçoit l’écho et le comportement des impulsions lasers dans l’air étant connus, la distance émetteur-cible, et donc la position de la cible dans l’espace peuvent en être déduites

 
Des capteurs supplémentaires enrichissent les données. Les caméras par exemple permettent de coloriser le nuage de point (par une corrélation entre les points et les images), offrant un rendu 3D très proche de ce que perçoit l’œil humain. Plus le nuage de point sera dense, plus on aura un rendu brut proche de la réalité. Avec peu de points, des « trous » apparaitront dans le résultat 3D. La précision spatiale des données 3D est de l’ordre de 3 à 5 cm. Le Backpack coûte environ 200 000€ et le Pegasus: Two 400 000€. L’autonomie du Backpack est de 6 à 8 heures (2 jeux de batterie fournis d’une autonomie de 3 à 4 heures chacun).
 
Leica Pegasus: Backpack

Leica Pegasus: Two

 

Acquisition des données 3D

 

À Saint-Marc-sur-Couesnon, il a fallu environ 1h pour numériser le bourg d’une dizaine d’hectares, en voiture pour les plus grands axes et à pieds pour les impasses, les chemins. À bord du véhicule, il faut être deux pour gérer la conduite (déplacement à environ 20-30 km/h) et l’acquisition à l’aide du tableau de bord (interrompre l’acquisition lorsque l’on reste plus longuement à un endroit pour un demi-tour dans une impasse par exemple). Il est important de bien préparer l’itinéraire.

Sur le tableau de bord (tablette pour le Backpack, ordinateur portable pour le Pegasus: Two), on visualise le nombre de satellites disponibles pour calculer notre position, les prises de vue des caméras en temps réel, le profil de la rue. Il est possible de faire des relevés en intérieur ou dans des passages étroits, même si on perd momentanément le signal GPS. Cela est possible grâce à la trajectoire inertielle qui est calculée et replacée dans l’espace à partir des positions de départ et d’arrivée acquises par le GPS (avant perte et après récupération du signal).

    

Chargement des données acquises

 

Le chargement des données acquises le matin a duré 1h30 environ et représentait un volume de 20 Go. Le matériel informatique utilisé pour la démonstration et conseillé présente les caractéristiques suivantes : 

  • PC processeur Xeon 
  • 36 ou 64 Go de RAM
  • Disque dur SSD
  • Carte graphique Quadro
  • Coût d’un tel PC environ 3000€ pour un portable, 1500€ pour un poste fixe 
  • L’idéal est de disposer de 2 écrans pour le confort de travail

Dans un premier temps, le logiciel calcule la trajectographie qui correspond au trajet suivi pour l’acquisition par la voiture ou le piéton portant le sac à dos (lignes verte, violette et bleue). Le résultat brut se présente sous forme d’un nuage de points dans lequel il est possible de se « balader » et dans lequel l’utilisateur peut directement travailler (prise de mesures, tracé d’objets). Pour identifier des éléments « plats » comme des bouches à clefs sur la chaussée, l’utilisateur peut afficher simultanément le nuage de point et les images prises par les caméras. Le curseur se déplace de façon synchrone dans le nuage de points et sur l’image.

  Affichage de la trajectographie dans le nuage de points 
  
Prise de point du bateau sur le trottoir : on voit le curseur (croix jaune) dans le nuage de point à gauche et sur l’image à droite
 

Comment exploiter ce nuage de points ?

 
Il est possible de connecter les données récoltées et le Viewer de Leica à des logiciels tiers couramment utilisés (Autocad, Microstation, Atlas). Leica donne les droits et fournit un document avec les lignes de code. On peut ainsi prendre des mesures et dessiner avec un logiciel standard sur un nuage de points. Pour une application cadastrale, la portée du scanner est suffisante pour visualiser le corps de rue d’un village. L’utilisateur peut faire des mesures directement dans le nuage de point et simultanément dans les images avec une précision de l’ordre de 3 à 5 cm, tracer des lignes, des polygones. À partir du nuage de point Il est possible de créer une ortho-image 2D dans le système de projection souhaité. L’utilisateur peut ensuite vectoriser sur cette image. Pour obtenir une ortho plus « lisible », il est possible de « couper » le nuage de points en z, et ainsi de n’avoir que la base des bâtiments. D’autres outils permettent de transformer des points en plan pour obtenir une maquette 3D de bâtiments.Le service du cadastre de la DGFIP et les autres participants ont montré beaucoup d’intérêt et d’enthousiasme sur le potentiel de ce type d’acquisition. Le service cadastre doit tester l’utilisation de ces données. Pour cela Leica va mettre à disposition ses solutions de traitement du nuage de point pour une durée d’essai. D’autres secteurs peuvent être intéressés par ce type de techniques d’acquisition de données, les applications sont nombreuses : modélisation 3D de la végétation en ville, modélisation 3D de haies en milieu urbain ou rural (bocage, biomasse), modélisation des données du bâtiment ou Building Information Modeling (BIM), services fonciers, etc.
 
Orthophoto créée à partir du nuage de points
   
 Passage dans des chemins avec le Backpack, on distingue bien les bâtiments, les arbres et arbustes, les clôtures
 

Remarques sur le contexte réglementaire

 

Au niveau réglementaire, le mobile mapping est plus souple que les drones (il est très difficile de faire voler un drone en milieu urbain, les contraintes réglementaires sont extrêmement fortes). Néanmoins, la réglementation européenne oblige à flouter les visages et les plaques d’immatriculation, notamment sur l’acquisition des données sur les propriétés privées. En ville, les piétons constituent des artéfacts. Il est possible de supprimer les points générés par le passage d’un piéton. Des outils sont en développement par Leica pour automatiser ce « nettoyage » du nuage de point.

 25 avril 2018 - BreTel


 

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