Vu de l'espace

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La pollution en mer

Cette image a été prise par le satellite Sentinel 1 dans l'océan atlantique, à l'ouest de l'île d'Ouessant, visible en blanc en haut à doite, entourée de l'océan en gris. Les petits points blancs qui scintillent à la surface de l'eau sont des bateaux. Il arrive que ces derniers rejettent illégalement des huiles de vidange et résidus du fioul (dégazage) ou vident leurs ballastes souillées d’hydrocarbures (déballastage). Ces rejets sont visibles depuis l'espace car les images radar détectent très bien les différences de texture des surfaces. Plus la surface est lisse et immobile et plus elle sera foncée. C’est le cas de la trainée d’hydrocarbure que l'on voit à l'ouest de l'image qui apparait comme une ligne irrégulière noire. Ici, la pollution date de quelques heures et a commencé à dériver d’ouest en est, les composants les plus en surface étant poussés par les vents. Les autres zones gris foncé à l’est ne sont pas des pollutions, il s’agit de zones de vents faibles où la surface de l'eau est plus lisse.

Crédit : GIS BreTel / Contains modified Copernicus Sentinel data (2017), processed by ESA

La végétation en ville

Cette image aux drôles de couleurs a été prise par le satellite Pléiade au-dessus de la ville de Rennes. Les capteurs des satellites Pléiades et Sentinel 2 collectent des images dans des longueurs d'ondes que l'oeil humain ne voit pas, comme l'infrarouge. En lui attribuant la couleur rouge, la végétation saine apparait rouge vif, car elle réfléchit fortement l'infrarouge. On note que les villes ne sont pas si minérales que l'on pourrait le croire côté rue. Les jardins et arrière-cours participent aussi à la végétalisation de la ville qui joue un rôle crucial (abri pour de petits animaux, régulation des températures locales en restituant de la fraicheur en période de canicule, absorption des polluants, régulation du cycle de l'eau et diminution des risques d'inondations). Cette végétation peut être suivie par satellite (état de santé, stress dû aux sécheresses, ravageurs, etc.). Comprendre comment elle réagit face aux changements globaux et locaux permettra de mieux penser la ville de demain.

Crédit : GIS BreTel, contient des informations © CNES (2016), distribution Astrium Services / Spot Image S.A., France, tous droits réservés. Usage commercial interdit

Les vagues

Cette image obtenue par le satellite radar Sentinel 1 montre la presqu'île de Crozon avec au nord la rade de Brest et au sud la baie de Douarnenez. Le radar du satellite Sentinel 1 permet de voir de façon instantanée les vagues et la houle et de comprendre comment elles se déplacent. On remarque que les vagues changent de direction et de longueur d'onde en arrivant dans la Baie de Douarnenez. Ces changements sont notamment liés à la profondeur et au relief des fonds marins. Les images radars permettent d'étudier la surface de l'océan et de mesurer finement la direction, la hauteur et la longueur d'onde des vagues. Il est alors possible d'estimer la direction des courants, la vitesse du vent et la profondeur des fonds. La connaissance de ces paramètres est utile pour modéliser l'érosion côtière ou pour choisir les emplacements des éoliennes en mer, des hydroliennes et des stations houlomotrices.

Crédit : GIS BreTel / Contains modified Copernicus Sentinel data (2017), processed by ESA

L'agriculture

Cette image a été prise au-dessus des Côtes d'Armor, à la frontière avec le Finistère (Bretagne) par le satellite Sentinel 2. On observe un paysage agricole morcelé composé de nombreuses parcelles aux différentes teintes de couleur, révélant différentes pratiques agricoles (prairies fauchées. prairies pâturées et cultures). Les couleurs ne correspondent pas à ce que notre oeil verrait puisque l'on a attribué des couleurs artificielles à l'image. L'étude des images satellitaires permet de décrire finement l'évolution de ces paysages dans l'espace et le temps et ainsi de suivre les pratiques agricoles. La connaissance de ces pratiques est indispensable pour évaluer leur impact sur notre environnement et ainsi concilier agriculture et préservation de la biodiversité, par exemple en luttant contre l'érosion ou l'épuisement des sols, en limitant les transferts de nutriments qui polluent les cours d'eau, en préservant le bocage).

Crédit : GIS BreTel / Contains modified Copernicus Sentinel data (2020), processed by ESA

Les courants marins

Les volutes bleues que l'on voit au large des côtes bretonnes sont dessinées par les modifications de la pénétration de la lumière dans l’eau en présence de minuscules minéraux et micro-organismes circulant au gré des courants. Les images prises par le satellite Sentinel 2 à 10 m de résolution, combinées à d'autres données, permettent de décrire précisément les courants marins et ainsi d'affiner les modèles de circulation océaniques locaux, si particuliers près des côtes. La connaissance des courants, incluant la marée, est essentielle pour comprendre l'évolution des habitats marins ou pour évaluer des routes maritimes tirant partie de ces courants. On remarque sur l'image des nuages sur la pointe du Finistère qui se sont formés lorsque les vents de sud ont rencontré le relief de la côte. La masse d'air poussée de la mer vers le continent a changé d'altitude et de température, l'eau qu'elle contenait sous forme de gaz s'est alors condensée en nuages.

Crédit : GIS BreTel / Contains modified Copernicus Sentinel data (2017), processed by ESA

Le trafic maritime

Les satellites radars permettent de voir de jour comme de nuit et à travers les nuages grâce aux ondes qu'ils émettent et à leur écho sur la Terre qu'ils enregistrent. Sur l'image, les bateaux apparaissent comme de petits points multicolores car les radars détectent les irrégularités qu'ils provoquent sur la surface lisse de l'eau, qui apparait noire. Il est possible de traiter ces images et d'empiler les informations contenues dans des images prises à plusieurs dates. On voit ici le trafic intense dans la Manche, obtenu en compilant en une seule image des centaines d'images prises entre 2016 et 2018 par le satellite Sentinel 1. La multitude de bateaux détectés sur ces deux années dessine au nord-ouest de l'image deux lignes parallèles. En effet, un système à deux voies est mis en place pour éviter les collisions dans la Manche, très fréquentée du fait de sa connexion stratégique avec l'océan Atlantique et la mer du Nord.

Crédit : GIS BreTel / Contains modified Copernicus Sentinel data (2016-2018), processed by ESA
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